Modèles : Dounia Blois et Morgane François


Les photos se lisent comme une histoire.

La première est très sombre et contrastée. Le point de vue donne l’impression au spectateur d’être au bout du bras et l’invite à plonger dans l’histoire. Le visage de la femme, seule, est impersonnel car on ne le distingue pas, on devine juste qu’elle regarde l’objectif.

Les photos suivantes sont des duos, d’abord dans des postures de domination, de rejet, de recherche d’équilibre. Le noir est blanc est sombre et contrasté au début, puis il va s’éclaircir et aller dans des valeurs moyennes au fur et à mesure que les deux protagonistes optent pour des poses plus en harmonie, en miroir ou en canon, regardant dans la même direction.

La dernière photo est l’exacte opposée de la première. La lumière est douce, l’image renvoie tendresse et bienveillance. On distingue le visage des deux femmes, leur identité, qui résulte en partie du processus des images précédentes. La posture, cette fois protectrice, évoque le besoin de l’autre. L’arrière-plan est clair et dégagé : paisible.
J’ai souhaité aborder le thème de la solidarité sous le prisme de l’interdépendance des êtres humains et plus encore, du besoin de sororité entre les femmes.


Pour cela, je me suis inspirée du travail de chorégraphes car leur façon de mettre en mouvement les corps les uns avec les autres, les jeux d’équilibres font particulièrement écho à ma façon d’appréhender ce thème.
Le noir et blanc permet tout un panel de jeux de contrastes par les valeurs, du très sombre au très clair (“Baltic Sea, Rügen” d’Hiroshi Sugimoto) ; et les formes, tantôt anguleuses, tantôt courbes (“La fourchette” d’André Kertész) .
Les montagnes et le lac en arrière-plan symbolisent une autre dimension d’éléments opposés et complémentaires. Les lignes directrices créées par ce paysage permettent de structurer les images. La ligne d’horion ou le noir des montagnes enferment d’abord les protagonistes puis elles vont dépasser cette frontière et les montagnes vont s’illuminer jusqu’à totalement disparaître dans la dernière image.
Les modèles ne sont ni maquillées ni coiffées, les corps sont bruts, sans artifices. Les tenues sont dans des teintes et formes différentes pour créer du contraste, juste les textures similaires des tissus donnent une unité et du relief.

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