Modèle : Léane

Une cage d’escalier. Un espace de passage, de flux, où l’on monte, où l’on descend, où l’on s’arrête un instant. Pris dans un entre-deux. Scrutée sous l’éclair d’un flash, comme surprise en plein mouvement. Mais est-elle vraiment prise sur le vif ?

La lumière est crue, froide, presque médicale. Le flou bougé trahit une fausse précipitation. Ce que l’on croit saisir n’est qu’un fragment, une illusion d’instant volé. Le spectateur, à la manière d’un voyeur sur les réseaux sociaux, analyse chaque détail, méthodique, froid, persuadé que l’image livrée est une vérité.

Elle est le seul sujet de ce huis clos. Comme chacun·e, elle est au centre de son propre monde, construisant son image sous le regard des autres. Elle choisit ce qu’elle montre, ce qu’elle dissimule. Une veste entrouverte, une dentelle esquissée, des lunettes qui protègent ou masquent. Ce qu’elle donne à voir n’est pas ce qu’elle est, mais ce qu’elle décide de laisser percevoir.

L’image se dédouble : un téléphone capture l’instant, l’appareil photo aussi, brouillant la frontière entre le réel et sa mise en scène. Qui regarde qui ? Peut-on vraiment contrôler l’image ?

Sta[i]r_case est une exploration de la perception, du regard, de ces que l’on décide de montrer. Un jeu d’apparences où l’on croit surprendre l’instant, alors qu’il a déjà été minutieusement pensé.

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